La révolution de l'enchantement

La révolution de l'enchantement

Journal d'une résidence à la médiathèque l'Escale à Auby

Le manifeste de la révolution de l'enchantement

Le manifeste de la révolution de l'enchantement

I have a dream

Le Manifeste de la révolution enchantée

Création sur le discours

De Martin Luther King

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Les citations de l'Escale : " Le plus difficile pour un homme qui habite Vilvoorde et qui veut aller vivre à Hong-Kong, ce n’est pas d’aller à Hong-Kong, c’est de quitter Vilvoorde." Jacques Brel

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Le premier mouvement consiste à inviter les Aubygeois à partager leurs rêves les plus simples, les plus fous. De les inciter à écrire, raconter, mettre en scène leurs désirs profonds. Et de partager sur ce blog les créations de chacun sour la rubrique : J'ai un rêve.

Puis l’idée est de mettre en image ou de théâtralisé le discours de Martin Luther King qu’il s’agirait de faire lire par des adultes et des enfants, de tous les âges et de toutes les nationalités, devant une caméra sur pied fixe et dans un décor identique. Le discours dans son intégralité serait ensuite monté en image phrases par phrase ou fragment par fragment. Il s’agit évidemment d’une ré écriture du discours de Martin Luther King pour transposer la cause des Noirs à la cause de tous les démunis, chômeurs et peuples exploités d’aujourd’hui.

Le manifeste de la révolution de l'enchantement

Les citations de l'Escale : "Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles."

Oscar Wilde

 

L’intégralité du discours en français

Extraits détournés

et adaptés

 

" Il y a plusieurs siècles de cela, un grand rêve qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre déclaration des droits de l’homme et de l’utopie.

Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’êtres marqués au feu d’une brûlante injustice.

Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de notre captivité à l’inégalité et à la discrimination.

Mais, quelques siècles plus tard, l’homme n’est toujours pas libre.

Cent ans plus tard, la vie de l’homme, la vie de chacun d’entre nous est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes du chômage.

Quelques siècles plus tard, une majorité d’hommes vivent encore à l’écart sur leur îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle.

Quelques siècles plus tard, beaucoup d’hommes, d’enfants, de familles entières vivent encore dans les coins de la société et se trouvent exilé dans leur propre pays.

C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse.

En un certain sens, nous sommes venus dans notre manifestation poétique pour encaisser un chèque.

Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre déclaration des droits de l’homme et de l’utopie, ils signaient un chèque dont tout être humain devait hériter.

Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux pauvres comme aux riches, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur.

Les droits inaliénables de rêver le monde, de le bâtir et de jouir de sa beauté.

Il est évident aujourd’hui que le Monde a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de tous les pays, de toutes les fraternités.

Au lieu d’honorer son obligation sacrée, le Monde a délivré au peuple des plus démunis un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “provisions insuffisantes”.

Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance dans le monde entier, là où les fortunes de quelques privilégiés permettraient à tous de vivre dignement.

Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler au Monde les exigeantes urgences de l’heure présente.

Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures.

C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie.

C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice sociale.

C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice sociale et de l’établir sur le roc de la fraternité.

C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants du monde. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment.

Cet étouffant et légitime mécontentement des peuples du Monde et de notre propre pays ne se terminera pas sans qu’advienne un avenir vivifiant de liberté et d’égalité.

Aujourd’hui est un commencement.

Ceux qui espèrent que l’homme opprimé par la pauvreté avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel.

Il n’y aura ni repos ni tranquillité dans le Monde jusqu’à ce qu’on ait accordé à tous les hommes de cette planète, leurs droits de citoyen.

Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse.

Mais il y a quelque chose que nous devons dire à tous ceux qui écrivent, parlent, rêvent ou pensent le monde, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles.

Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine.

Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. De la poésie et de l’utopie.

Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique.

Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique.

Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté humaine de cette révolution poétique ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les hommes, car beaucoup de nos frères riches et qui ont le pouvoir dans nos cités, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre.

L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée fraternelle.

Nous ne pouvons marcher seuls au combat.

Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons revenir en arrière.

Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement de l’homme démuni ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand.

Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes.

Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit au rêve et à l’utopie, au travail et à la liberté, ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable.

Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations.

D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison.

D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière.

Vous avez été les héros de la souffrance créatrice.

Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice.

Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir.

Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal humain et fraternel.

Je rêve que, un jour, notre Monde se lève d’un seul homme et vive pleinement la véritable réalité de son credo :

“ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.

Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire de chaque Homme notre frère sera révélée à tout être fait de chair.

Avec cette loi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance.

Avec cette loi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre Monde en une symphonie de fraternité.

Avec cette loi, nous serons capables de travailler ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble.

En sachant qu’un jour, nous serons libres.

Enfin libres d’aimer et d’être aimés.

Libres de penser notre travail et d’être debout avec lui.»

 

Adaptation du texte : Dominique Sampiero

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